L’astrophoto c’est aussi un moyen de garder un souvenir de nos observations et compenser le manque de luminosité de ce qu’on regarde
Si votre boîtier est plutôt haut de gamme, ou particulièrement doué dans les hautes sensibilités (ISO), c’est encore mieux parce qu’il va falloir aller chercher le plus de lumière possible. Le choix de l’objectif est également primordial. Oubliez vos portraitistes et optez pour des focales égales ou inférieures à 35 mm.
Et c’est aussi pour cela qu’on évoquait précédemment le besoin d’un grand-angle. Avec de plus longues focales, il est difficile de pouvoir faire des poses longues sans obtenir des étoiles en mouvement (des traits) en raison du mouvement de rotation de la Terre. Cet effet peut être recherché, certes, mais partons du principe qu’on souhaite avoir des étoiles en points. Plus l’angle est grand, plus le temps de pose peut donc être allongé.
La règle des 500
Il existe une règle mathématique pour aider les astrophotographes en herbe à déterminer le temps de pose (la vitesse), c’est la règle de 500 pour les appareils plein format (24×36). Elle est la suivante : 500 / focale utilisée en mm = temps de pose.
Admettons que vous utilisez un objectif 24 mm, la formule donne alors : 500 / 24 (mm) = 20,8 (secondes). Si vous photographiez les étoiles avec cette combinaison, il ne faudra donc pas dépasser les 20 secondes de pose. Au-delà, les étoiles seront en mouvement, et vous commencerez à obtenir des traits. Avec un 50 mm, le temps de pose autorisé n’est plus que de 10 secondes. Avec un 85 mm, il n’est plus que de 5,8 secondes. Cela fait donc peu de lumière capturée.
Si vous utilisez un capteur APS-C, la formule est légèrement différente puisqu’il faut ajouter le coefficient multiplicateur de l’objectif (1,5 x chez Nikon, Sony et Pentax ; 1,6x chez Canon ; etc.). La formule devient alors : 500 / (focale en mm x coeff multiplicateur) = temps de pose. Avec un 24 mm de Canon, par exemple, on obtient : 500 / (1,6 x 24) = 13 secondes.
Ouverture et ISO
Comme expliqué précédemment, il faut capter le plus de lumière, et l’idée est donc d’ouvrir l’objectif au maximum. Malheureusement, le niveau du piqué n’est pas toujours idéal aux plus grandes ouvertures, et si vous bénéficiez d’un super grand-angle, et d’un appareil qui monte efficacement en ISO, vous pouvez tout à fait ne pas ouvrir au maximum, et laisser l’objectif à f/2 ou f/2.8. Faites des essais.
Quant à la sensibilité, il est conseillé d’avoir une valeur minimum de 1600 ISO. Au-delà de cette valeur, le bruit peut commencer à faire son apparition de manière gênante. Selon le boîtier que vous utilisez, il faudra trouver le bon équilibre entre hauts ISO et absence de bruit numérique.
Mise au point
Il va falloir vous faire confiance, et pas au mode autofocus de votre appareil. Si possible, la mise au point doit être faite sur l’infini. Sur les objectifs manuels, anciens, c’est simple puisqu’ils sont souvent à blocage. Sur les objectifs modernes, sans blocage, il sera utile de repérer votre infini au préalable pour ne pas vous retrouver avec des clichés flous.
Si cette méthode ne convient pas – et c’est parfois le cas selon le boîtier, les conditions ou l’objectif – vous pouvez faire la mise au point sur l’étoile la plus brillante grâce au grossissement du liveview de votre appareil.
La dernière chose à se rappeler, c’est qu’une photo de ciel sans composition est une photo comme les autres. Ne négligez pas votre premier plan, un arbre pouvant par exemple faire l’affaire pour donner de la profondeur au cliché.
Récapitulons, pour photographier les étoiles, nous avons besoin de :
- L’obscurité (sans pollution lumineuse)
- Un trépied
- Une grande ouverture (inférieure à f/2.8)
- Beaucoup d’ISO (1600 ou plus)
- Une mise au point à l’infini ou sur une étoile très brillante
- Un long temps de pose (calculé via la règle des 500)
- Déclencher via télécommande ou retardateur
- De la patience
La technique photo du SHO
Le SHO est une technique photo qui consiste à utiliser des filtres étroits laissant passer les raies du Soufre, de l’Hydrogène et de l’Oxygène.
Ça marche donc sur les nébuleuses qui émettent principalement dans ces raies.
Puis on attribue une couleur à chaque filtre de manière arbitraire.
C’est Hubble qui a fait la première et on suit plus ou moins cette palette selon ses envies, on parle de « palette HST ». On attribue le Rouge au soufre le vert a l hydrogène et le bleu à l’oxygène.
Extraits WhatsApp en vrac sur l’astrophoto
Y’a 2 bruits de capteur qu’on corrige avec bias et dark. Par contre le bruit photonique du ciel est aléatoire, c’est celui que l’on corrige en multipliant le nombre de poses.
Bref, la règle que je suis est la suivante : je prends une photo, je regarde son histogramme, il faut que le pic soit à peu près à 66% en faisant attention qu’il n’y ait pas de pixels complètement à droite (blancs, cramés).
Donc effectivement ça dépend de la cible, du ciel et des settings de la caméra. En région polluée tu ne peux pas exposer longtemps, et si par exemple tu shootes M42 ou M31, tu auras vite le centre cramé.
Pour le truc pose courte/pose longue/pose intermédiaire tu as deux trucs qui s’imposent : la capacité de ta monture à suivre une cible plus de 3 secondes et la capacité de ton capteur à faire disparaître le bruit de lecture aux poses courtes.
Si ton capteur (genre CCD impose des poses longues) et que ta monture ne suit pas correctement, c’est fiché.
– le bruit d’un offset unitaire représente le bruit de lecture (en ADU)
– le bruit thermique est évalué sur un dark unitaire de même durée et même température que la brute image.
Rappel :
Le bruit offset, thermique et sur brute est évalué avec Iris sur une image fits sortie CCD : on trace un petit rectangle au centre de l’image puis clic droit et « stat ». Le bruit c’est le « sigma » (écart type de la moyenne)
Sur une brute dark ou sur une brute image, le rectangle tracé avec Iris ne doit pas contenir de signal (pixel chaud ou étoile), uniquement du fond de ciel.
Matériel pour démarrer en astrophoto
La solution la moins chère actuellement pour de la photo facile est un mix capteur CMOS a petit pixel, une monture de qualité intermédiaire et un Newton à petit F.
Après le reproche du CMOS est le ‘manque de profondeur’ ce qui est du bullshit si tu poses assez longtemps. Mais en poses courtes, tu vas galérer sur les empilements… Ça demande un PC avec pas mal de RAM.
Monture Heq5 avec un télescope Newton 200/1000
Pour commencer à faire de la photo planétaire avec une caméra :
Caméra ZWO 120 MMCS (171 €)
1 – Capture avec ASI studio (fourni avec la caméra)
2 – Logiciel Autostakkert pour stacker les frames et sortir une seule photo
3 – Logiciel Registax6 pour le traitement des ondelettes sur cette photo